skip to Main Content

Série Conférences musicales - Saison 2020

Bien différentes des causeries d’avant concert, ces conférences sont de véritables explorations dans l’histoire et la culture de la musique : vie du compositeur, son style, sa forme et leurs évolutions, les styles et formes de l’époque, moment de l’œuvre étudiée dans le parcours de ce compositeur, son influence, quelques contemporains. Un enrichissement culturel musical personnel sans aucune obligation d’assistance au concert ou un enrichissement qui nous permet d’apprécier davantage le concert qui suit quelques jours après.

Billet : 19,55 $ (tout inclus)
Membres de la SECMCDQ : 13,80 $ (tout inclus)
Abonnement aux trois conférences : 43,14 $ (tout inclus)

Tarif préférentiel pour les membres de la Société d’étude et de conférences Mauricie et Centre-du-Québec
Informations :  819 377-3577 ou 819 692-7377
Achat : 819 380-9797 • 1 866 416-9797 • Réseau Ovation

Dernier concert de la saison 2018-2019 de l’OSTR

Pour bien apprécier le dernier concert de la saison 2018-2019 de l’OSTR, c’est M. Gilles Bellemare, maestro émérite de l’orchestre, qui nous a expliqué la composition et l’œuvre du compositeur Carl Orff, Carmina Burana.

Tout d’abord, quelques mots sur le compositeur lui-même. D’une certaine manière, Carl Orff peut être considéré comme la charnière entre la musique classique et la musique moderne, quant à la composition. Intéressé par la musique de son temps, il n’éprouve cependant rien pour la musique atonale. Il se passionne surtout pour la Renaissance italienne pour instruments modernes. Il crée une musique délibérément simple, pour grand orchestre et chœur, articulée autour de pulsations et de rythmes vigoureux, aux sonorités riches. Le style musical d’Orff exprime un désir d’accessibilité et de communication directe. Les Carmina Burana ne contiennent quasiment pas de développement au sens classique du terme et leur polyphonie est généralement simple. Orff évite la complexité harmonique et rythmique. Malgré de fréquents changements métriques, cette simplicité tranche avec la complexité de certains de ses contemporains, tels que Bartók, Stravinsky ou Schönberg. Mélodiquement, Orff s’est inspiré de compositeurs de la fin de la Renaissance et des débuts du baroque.  De même, son instrumentalisation recourt à trois instrumentistes (bois, cuivres) plutôt qu’à deux en musique classique et recourt à des instruments de percussion nombreux et variés. Ses orchestrations chatoyantes montrent l’influence de Stravinsky. Pour ces deux compositeurs,  le rythme est l’élément principal de la musique.

Puis, très pédagogiquement, le responsable des classes d’écriture musicale et de la classe d’orchestre au Conservatoire de musique de Trois-Rivières nous a fait découvrir les beautés et la richesse de chacun des vingt-cinq mouvements dans la cantate (en ne considérant pas que le premier et le dernier sont les mêmes).  Pour son œuvre la plus connue, le compositeur a utilisé des poèmes du xiiie siècle, 24 poèmes médiévaux tirés d’un recueil appelé Carmina Burana. Ce nom signifie littéralement : « Poèmes chantés de Beuern » ou « Chants de Beuern », en référence au monastère de Benediktbeuern, où ont été découverts les manuscrits. Réunis en un livret, le recueil contient des textes en latin, moyen haut-allemand et ancien français. Les sujets, profanes, dont il traite sont nombreux et universels : la fluctuation constante de la fortune et de la richesse, la nature éphémère de la vie, la joie apportée par le retour du printemps, les plaisirs de l’alcool, la chair, le jeu, la luxure, etc. La majorité de la structure de l’œuvre est basée sur le concept de la Roue de la Fortune. À l’intérieur de chaque scène, et parfois même à l’intérieur d’un mouvement, la Roue de la Fortune (dans le sens de chance) tourne ; la joie se transforme en amertume et l’espoir en deuil. C’est pourquoi O Fortuna est à la fois le premier et le dernier mouvement de l’œuvre.

Sur la photo de gauche à droite :

Monique Jacob, ex-présidente de la Société, le conférencier Gilles Bellemare et Robert Parenteau, président par intérim de la Société.

 

Les folles journées Beethoven

À l’occasion de ce festival Mars en musique, Les folles journées Beethoven, la conférence de M. Michel J. Dussault portait sur l’évolution de la forme pianistique. Évolution de l’instrument : clavecin puis piano (forte); évolution de la forme : cantate (latin : chantez) puis sonate (latin : sonnez) et rondo. Et comment cette évolution a atteint un sommet formel dans les concertos pour cet instrument composés par Beethoven.

Au début, l’instrument n’était qu’accompagnement de la voix humaine. Et la composition comportait deux mouvements. Graduellement les compositeurs en sont venus à en faire un échange entre voix masculine et féminine, accompagné par plusieurs instruments; pénurie de voix, les compositeurs ont pensé faire chanter les instruments pour finalement en arriver à cette forme : échange entre un instrument et l’ensemble des instruments de l’orchestre.

C’est ainsi qu’on retrouve cette beauté formelle dans les compositions de Beethoven. Un premier mouvement, très souvent fort rythmé, souvenir de la voix masculine. Ce mouvement établit le thème musical, repris dans un ton voisin; le deuxième mouvement reprend le thème mais de façon plus libre, plus légère, agrémentée de multiples ornementations, ce qui le rend moins rythmé, souvenir de la voix féminine.

Après souvenir de ces échanges, initialement entendus et joués à l’église où à la cour, un  dernier rappel : la rencontre joyeuse populaire, sorte de chanson à répondre de l’époque : rondo, sorte de refrain et couplets. La composition en était souvent : refrain, couplet 1, refrain, couplet 2 et refrain final. Beethoven s’est permis une variante : refrain, couplet 1, refrain, couplet 2 et reprise du couplet 1 avant le refrain final.

C’est avec de nombreux extraits, joués au piano par le conférencier lui-même, que ce dernier nous illustrait ces diverses notions qui nous rendront l’écoute plus appréciative des œuvres que nous entendrons lors des deux concerts consacrés aux cinq concertos pour piano, de Beethoven. À ces œuvres, une ouverture : de Coriolan, envie passagère vite abandonnée d’un opéra.

Le conférencier a aussi souligné la surdité progressive du compositeur. C’est ainsi que ses dernières œuvres sont ce qu’il entendait dans sa tête et non à proprement dit les sons de l’orchestre. Le conférencier a aussi répondu aux questions de l’auditoire.

Sur la photo de gauche à droite :

Robert Parenteau, président par intérim de la Société d’Étude et de Conférences, Mauricie et Centre-du-Québec; le conférencier Michel  J. Dussault; Madeleine Richard, présidente de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières.

 

Les Saisons de Vivaldi à Piazzola

En préparation pour le concert : Huit saisons en fête! de samedi le 16 février, la Société d’Étude et de Conférences et l’Orchestre de Trois-Rivières ont présenté la conférence Les Saisons de Vivaldi à Piazzola,  mardi, 12 février. Le conférencier était David Lefèvre, musicien et chef d’orchestre.

D’entrée, ce dernier nous a dit préférer le mode causerie au mode conférence. C’est avec beaucoup d’humour, d’exemples et de connaissances qu’il nous a fait découvrir principalement l’œuvre de Vivaldi. Le compositeur s’est inspiré pour sa composition d’un poème consacré aux quatre saisons qu’il a aussi écrit lui-même. Il a laissé une composition descriptive du poème riche en images mais très avare de notations destinées aux musiciens; d’où l’importance de la vision que le chef d’orchestre  veut partager avec les musiciens. Avec plusieurs extraits, il nous a présenté, utilisant son violon, la composition laissée par Vivaldi : des notes sans interprétation; puis, selon diverses interprétations, le même extrait, les mêmes notes. Un chant d’oiseaux devenant échange entre oiseaux;  la rivière devenant cascade; la nuit devenant clarté lunaire, sérénade; vent, zéphyr ou tempête; pluie, orage ou grêle, …

Quant à l’œuvre de Piazzolla, Les quatre saisons de Buenos Aires, c’est plus une œuvre d’ambiance exposant la couleur propre à chacune des saisons en cette ville argentine. Et le compositeur y ajoutant plusieurs notations pour indiquer comment les passages devaient être joués.

En conclusion, le conférencier, qui sera chef d’orchestre et premier violon supersoliste au concert, nous a dévoilé quelques primeurs en rapport avec le concert : groupe restreint de musiciens; musiciens debout au lieu d’être assis afin d’éprouver et exprimer l’émotion du mouvement, de la musique; présentation comparative des saisons extraites des oeuvres des deux compositeurs.

Une causerie qui a su créé une grande envie d’écouter ce concert : Huit saisons en fête!

Sur la photo de gauche à droite :
Nathalie Rousseau, directrice générale de l’OSTR
Daniel Lefèvre, conférencier
Robert Parenteau, président par intérim de la SEC section Mauricie et Centre-du-Québec

Back To Top