skip to Main Content
Francine Brunet

Dans le cadre du Salon du Livre de Trois-Rivières, la Société a parrainé la rencontre avec Francine Brunet, une auteure bien de chez-nous. Cette rencontre était animée par Mme Patricia Powers. L’auteure est native du Cap-de-la-Madeleine. Son nom a brillé au royaume de Terpsichore. Elle fut ballerine, danseuse de ballet-jazz, soliste, chorégraphe, professeure et possédait sa propre école de danse. Les réflecteurs se sont tous subitement éteints à cause d’un accident de la route. Elle se retire alors dans la forêt haute-mauricienne. C’est là qu’elle va se livrer à une autre passion, l’écriture. Talent ne sachant mentir, elle nous chorégraphie alors des romans. Mots, verbes et phrases remplacent pointes, portés ou envolées.

Son premier, Le Nain, est finaliste au Grand Prix littéraire Archambault du meilleur premier roman 2014. Elle publiera un deuxième roman en 2016, Le Géant. Ses héros sont hors du commun. Ce nain, 32 ans, n’est jamais allé à l’école, protégé, couvé par ses deux tantes qui ne voulaient pas qu’il soit victime de sévices à cause de sa petite taille. Il composera son propre code scriptural en regardant l’émission L’Heure des quilles. Quant à ce géant de six pieds, sept pouces, « trucker » de profession, il organise des rencontres littéraires dans les haltes « truck stops » avec d’autres routiers, échangeant des livres audio qui meubleront leurs longs cours solitaires.

Entourant ces héros, se pressent d’autres personnages tout aussi colorés. Dans le premier roman, il y a son cousin, déficient intellectuel et épileptique surnommé Towing, sa tante Nini, qui a perdu l’usage de ses jambes à cause de la polio, un ancien membre d’un gang de rue manchot et ivrogne Trois-Gallons, un policier enquêteur gay police pas d’cuisses, une coroner asiatique. Dans son second roman, on y retrouve une filiation matriarcale attikamekew aux surnoms la fille grise, la fille rousse, la fille blanche albinos, une lectrice bien particulière, une adolescente en révolte, une famille recomposée, le retour du policier et de la coroner. Aux enquêtes policières, se mêle aussi le monde médical : hémochromatose, phlébotomies, saignées et dialyse dans le premier, pycnoleptie et synesthésie dans le second, ficelant suspense et intrigues.

Mme Brunet sait nous emporter dans un univers de finesse, d’humour et dans la poésie des espaces haute-mauriciens, dans une langue colorée, belle, animée, toute contemporaine.

Alors qu’on referme le premier roman sur la mort du Nain, on laisse le deuxième ouvert : on aimerait connaitre la quête de l’inspecteur pour cette lectrice particulière, les aventures de la fille blanche ou de la fille rousse, ou celles du policier gay, … À suivre? Nouvel univers?

Mme Brunet trouve inspiration pour personnages et intrigue dans les imprévus de ses rencontres. Puis, elle les laisse vivre leur vie dont elle est la première témoin.

Back To Top